Une bulle d’air en plus:L’aquarium tropical de la Porte Dorée

 

  1. Aujourd’hui, nous allons a la découverte de Gabriel Picot qui va nous parler de son métier et nous raconter comment il l’exerce au quotidien.

Je suis responsable du développement culturel de l’aquarium. Je m’occupe de tout ce qui concerne le public, donc, vous, vos parents et tous les visiteurs qui viennent nous voir à l’aquarium. On a près de 400 000 personnes qui viennent nous voir.

On ne propose pas seulement de voir des poissons dans des bacs, on propose des affiches indiqué au dessus des bacs, mais aussi des expositions, des petits films, il y a des évènement de toutes sortes qu’on lieu le soir, le week-end il y a également des visites et des ateliers.

Interview Gabriel Picot

Question : Pourquoi avez-vous décidé d’exercer ce métier? En quoi consiste-t-il?

Alors mon métier ici c’est de… je suis responsable du développement culturel de l’aquarium, ça veut dire qu’en fait je m’occupe de tout ce qui va être proposé au public. Le public c’est vous, c’est les parents, c’est les grands-parents, c’est tous les visiteurs qui viennent visiter l’aquarium. On a 400 000 personnes par an à peu près qui viennent nous voir.

 Et donc on propose évidemment de voir des poissons dans des bacs, mais derrière ça il y a des choses un petit peu à expliquer. Par exemple, il y a des fiches indiquées au-dessus des bacs, il y a des expositions aussi, il y a des petits films que vous avez vus à l’entrée, il y a des événements de toutes sortes qui ont lieu par exemple le soir, le week-end, etc. Il y a aussi des visites guidées, il y a des ateliers, et tout ça donc c’est préparé.

 Et donc mon rôle c’est de coordonner, de mettre en place tout ce genre de support d’activité. Et pourquoi je suis arrivé là? Tout simplement, les hasards des carrières professionnelles font que… J’ai été enseignant pendant quelques années, je vois bien ce que vous pouvez faire à l’école.

 Et puis ensuite j’ai travaillé plus en lien avec les musées et les projets également. Et puis voilà, j’ai travaillé aussi dans un centre de recherche qui était lié à la mer, donc je me suis retrouvé finalement en fin de carrière, parce que je suis en fin de carrière, dans cet endroit qui finalement réunit à la fois ce que

 j’ai pu faire comme enseignant, ce que j’ai pu faire dans ce centre de recherche sur la mer, et puis dans un musée, voilà. dans un musée.

Avez-vous des interactions avec les animaux?
Alors moi, personnellement, je n’ai pas d’interaction avec les animaux. C’est-à-dire que je ne fais pas partie de l’équipe qui entretient les bassins et qui s’occupe des animaux. Il y a six personnes qui travaillent à plein temps pour s’occuper des animaux ici. C’est tous les gens qui vont être, on va les voir derrière dans les coulisses, c’est tous les gens qui ont organisé les bassins, qui ont créé les décors, qui ils les nourrissent également. On dit qu’ils s’occupent des collections vivantes et pour ça il faut six personnes. Mais moi, mon travail, ce n’est pas d’être directement les mains dans les bassins ou de m’occuper moi-même des animaux, simplement je vais plutôt parler des animaux aux visiteurs.

Comment sont choisis les animaux?

Alors ça c’est une question super intéressante et assez compliquée. Il y a plein plein de choses qui arrivent à ce choix d’animaux. D’abord il y a une sorte de tradition, il y a une histoire du lieu. Ce lieu a à peu près bientôt 100 ans d’ailleurs, en 1931, il a été construit en 1931. C’était pour présenter les espèces tropicales des colonies françaises à l’époque. C’est quand la France avait des colonies, c’était pour montrer les espèces aquatiques, les espèces qui vivent dans l’eau dans les colonies en France. Et les colonies françaises elles étaient un petit peu partout autour du monde en Afrique, en Asie, en Océanie etc. Donc il y a cette base mais ensuite ça a un petit peu changé parce qu’évidemment il n’y a plus de colonies françaises, il y a encore des zones d’outre-mer dans lesquelles on est présent. Par exemple ici on est devant le bac nouvelle Calédonie donc nouvelle Calédonie qui est un territoire français qui se trouve dans le pacifique on vient de créer une section sur la Guyane qui est un département français qui se trouve en Amérique du sud donc on continue on continue à s’intéresser à ces régions là et donc les poissons les animaux qui vivent à la corne tropicale ils viennent principalement même uniquement d’ailleurs, des zones tropicales. Et des zones tropicales à la fois marines, de l’eau de mer, qui vivent dans l’océan, mais aussi des rivières. Donc ça d’abord, c’est l’endroit d’où viennent les animaux.

Et puis ensuite, c’est pas fini mon histoire, parce que c’est beaucoup plus compliqué, c’est qu’il y a des milliers et des milliers d’espèces qui vivent dans ces endroits-là. Pour autant, ici, on a actuellement à peu près 300 espèces, 300 espèces différentes. Donc pourquoi on a choisi ces espèces là ? En fait on a choisi ces espèces là parce qu’en fait elles présentent toutes un intérêt, pour toutes ces espèces il y a un intérêt à les accueillir, ça peut être par exemple pour montrer la diversité des couleurs, ça c’est des poissons marins, des poissons qui vivent sur la barrière de corail, vous voyez qu’il y en a des jaunes, il y en a des bleus, il y en a des colorés, il y en a des roses, il y en a des multicolores, et donc en fait un des choix, parce que ça aussi c’est quelque chose qui va vraiment intéresser et amuser le public et particulièrement le jeune public c’est de montrer la diversité des animaux la diversité de leurs couleurs de leur forme donc voilà on a choisi certaines espèces parce qu’elles sont particulièrement joli parce qu’elles sont partie qu’elles ont une forme particulière parce qu’on veut aussi montrer que les grands groupes d’animaux les grands groupes de poissons il y a des poissons papillons, des poissons anges, etc. et donc ça on veut le montrer au public. Ça c’est la première chose, et c’est pas encore fini, je suis désolé, je continue, c’est que c’est pas que la forme et la couleur des poissons qui nous intéressent, c’est aussi leur, comment dire, leur, on appelle ça le statut de protection, c’est-à-dire le risque qu’elles ont dans la nature d’être confrontées à une disparition ou en tout cas le risque qu’elles ont d’être un petit peu en danger. Donc il y a pas mal d’espèces ici qui sont en danger dans la nature et que nous on accueille ici parce qu’on a envie de les mettre à l’abri quelque part et on a aussi envie de les montrer au public. Donc tout ça c’est plusieurs facteurs, plusieurs éléments qui font qu’on arrive à cette collection de 250 à 300 espèces actuellement.

Comment vous les procurez-vous ?

Alors ils viennent de plusieurs endroits possibles. Pour les poissons, il faut vraiment faire la différence entre les poissons de mer et les poissons de rivière. Tout ça là c’est les poissons de mer de toute cette zone là qu’on voit marqué Caraïbes là-bas jusqu’à océan indien, pacifique et puis ici Nouvelle-Calédonie. Tout ça ce sont des bacs marins. Les poissons marins principalement on les obtient auprès de gens qui vont les chercher sur place mais dans des conditions évidemment très très contrôlées puisqu’il faut que ce soit des il faut pas que quand on prend un poisson ça met en danger en péril la survie de l’animal évidemment donc il y a des endroits et on a des importateurs on appelle ça des importateurs des gens qui vont chercher des poissons à des endroits bien précis où c’est tout est contrôlé de façon à ce que l’espèce ne soit absolument pas mise en péril et puis pour les poissons d’eau douce c’est très différent la plupart des poissons d’eau douce, c’est très différent. La plupart des poissons d’eau douce, on ne va pas les chercher dans les rivières ou dans les fleuves ou dans les lacs, mais on va les élever. C’est-à-dire que c’est des gens qui élèvent ces poissons en captivité, qui les élèvent, qui font des élevages et qui ensuite vendent ces poissons aux différents aquariums. Donc en fait, on va les acheter auprès de gens dont c’est la spécialité.

Ca c’est très important à comprendre, qu’on n’est pas tout seul. On n’est pas un aquarium tout seul, isolé, mais on travaille en réseau, c’est-à-dire on travaille ensemble avec les autres aquariums. Et entre aquariums, on va s’échanger des poissons, on connaît les mêmes éleveurs ou les mêmes importateurs, on sait lesquels sont recommandables, lesquels il ne faut pas travailler par exemple, parce qu’ils ne sont pas sérieux, etc. Et donc en fait c’est comme un petit réseau où on connaît les bonnes personnes avec qui travailler. Et entre aquariums, mais pas seulement de France, entre aquariums européens et même du monde, on s’échange des animaux, on s’échange des espèces. Tiens, regarde, j’ai eu une reproduction d’hippocampe, j’ai plein d’hippocampe, est-ce que quelqu’un en veut? Et on envoie ce petit message dans le réseau et il y a un aquarium qui dit oui, moi j’en veux bien 5 parce que j’ai besoin de montrer cette espèce à mon public. Et on lui envoie 5 hippocampes.

Pensez-vous que les animaux sont épanouis ici ? Sinon, y a-t-il des signes ?

Alors, est-ce que je pense que si les animaux sont épanouis, on fait tout pour qu’ils soient épanouis. Il y a plusieurs choses qu’on fait. D’abord on fait en sorte que les animaux soient pas trop grands. Les animaux sont relativement petits. Je ne sais pas si vous avez visité, les gens qui ont visité l’aquarium il y a plus longtemps, on peut peut-être le souvenir d’animaux de grande taille. Mais maintenant plus ça va, plus on a des animaux de petite taille, parce qu’il y a quand même une question de place. Il faut qu’ils aient suffisamment de place pour bouger. Vous voyez que la taille de ces animaux là, elle est adaptée à leur bac. Il n’y aient suffisamment de place pour bouger. Donc vous voyez que la taille de ces animaux-là, elle est adaptée à leur bac. Il n’y a pas de problème. C’est des animaux en plus qui, dans la nature, ne bougent pas beaucoup. C’est-à-dire qu’ils restent peut-être autour de 1 mètre ou 2 mètres autour de leur corail. Et ce ne sont pas des animaux qui vont forcément faire des grands voyages. Donc déjà, on essaye de faire des tailles de bacs qui soient adaptées. Ou plutôt, on a des tailles de poissons qui sont adaptées à nos bacs. Parce que les bacs, on ne peut pas les agrandir. Cet aquarium, il a été construit en 1930. En 1930, c’était les bacs que vous voyez là, les grands bacs qui sont là, c’était les plus grands bacs du monde. Maintenant, ça fait rire parce que les plus grands bacs du monde, on les trouve dans les grands aquariums en Asie. Et c’est des bacs qui font des millions et des millions de litres. Donc, c’est des bacs qui font des dizaines de mètres de long, etc. Et nous, évidemment, on ne peut pas faire ça. Donc, on prend des petits poissons. Ça, c’est la première chose. Ensuite, on les soigne. Donc, on les soigne. Chaque animal, en fait fait il est soigné je dirais presque comme un animal de compagnie non mais avec la même attention qu’on porte aux animaux de compagnie c’est à dire que parfois en réunion on va parler de ce poisson là et on va se dire voilà ce poisson là je le montre parce qu’il me passe sous les yeux là mais c’est un exemple on va dire ce poisson là voilà on a trouvé qu’il n’était pas très bien il mangeait pas très bien on a fait une petite analyse il faudrait peut-être changer un petit peu son régime alimentaire, on va peut-être le mettre un petit peu de côté quelques jours pour qu’il se répare, on va lui apporter un petit peu des compléments alimentaires, peut-être un petit médicament s’il a besoin, on travaille évidemment avec des vétérinaires, et quand il a retrouvé sa bonne santé, on le remet. Donc il y a tout ce qui est soins à l’animal qui est très important. Et chaque animal est considéré individuellement. Vous comprenez ce que je veux dire? C’est vraiment un animal où on y tient autant que quelqu’un va tenir à son chien ou à son chat.

Y a-t-il des mammifères dans cet aquarium ? Sinon, pourquoi ?

Les seuls mammifères qu’il y a dans l’aquarium, ce sont les humains, donc c’est vous et moi. Mais dans les bacs, il n’y a pas de mammifères. Pourquoi il n’y a pas de mammifères? Vous savez, les mammifères, c’est des animaux qui ont une certaine complexité, qui ont des relations sociales très fortes. Et c’est très difficile de garder un mammifère, en tout cas en captivité. Pour nous, on n’a pas du tout la capacité, c’est pas du tout assez grand. Il faut des tout petits mammifères, mais des tout petits mammifères marins, ça n’existe pas. Les mammifères marins, vous les connaissez, c’est des baleines, c’est des dauphins, des orques, des otaries, etc. Et ça, ce sont des gros animaux. Donc déjà, la première réponse, c’est que c’est absolument impossible d’avoir des grands animaux dans nos bacs. Puis la deuxième chose, c’est que la captivité des mammifères marins, ça pose un petit peu question. Parce que les mammifères marins sont des animaux qui voyagent énormément. Ce n’est pas comme les mammifères terrestres qui peuvent peut-être rester dans une petite zone assez réduite. Les mammifères marins, ça voyage. Et dans un bac, évidemment, ça ne peut pas voyager. Donc ce serait une vraie privation de liberté de les avoir. C’est pour ça que des mammifères marins en captivité, il y en a de moins en moins, parce que ce n’est pas véritablement adapté à leur vie. Mais les temps ont changé parce que d’abord, il y a encore quelques mammifères marins qui sont présents dans certains aquariums. De moins en moins, puisque maintenant, la loi va l’interdire. Mais quand cet aquarium a été créé en 1931, on ne pensait pas à tout ça. Et il y avait des mammifères marins ici. Il y avait des animaux, des lamentins, qui sont des espèces de grosses vaches marines, qui vivaient dans le bac central que vous avez derrière nous. Alors évidemment, c’était beaucoup trop petit pour ces animaux. Mais bon, ils arrivaient à survivre parce qu’on les nourrissait bien, etc. Mais ça, c’était il y a 100 ans. Depuis, évidemment, on a complètement changé notre idée sur les conditions de vie des animaux en captivité. Voilà pourquoi on n’a pas de mammifères ici. Et on n’en aura jamais d’ailleurs.

Ce que vous voyez là, c’est des vitres. Tout est fermé. Mais évidemment, nous, il faut qu’on aille derrière pour s’occuper des bacs, pour s’occuper des poissons, pour s’occuper des décors, etc. Il y a des petites portes. Et ces portes, elles donnent sur ce qu’on appelle les zones techniques de l’aquarium. Donc si vous voulez, on va aller y jeter un petit coup d’œil. On va passer ces portes et on va regarder ce qu’il y a derrière. Comme ça, vous aurez le chemin.

Y a-t-il des animaux qui demandent plus d’attention que d’autres ? Si oui, lesquels et pourquoi ?

Oui, tous les animaux n’ont pas besoin de la même attention. Il y en a qui sont faciles, qui sont dociles, qui ne sont pas craintifs et qui sont relativement faciles à élever. Et c’est les poissons qu’on va retrouver beaucoup dans les aquariums chez les gens. Les gens qui font de l’aquariophilie, qui ont un aquarium chez eux, ils vont élever des poissons qui ne sont pas difficiles à maintenir. On va dire qu’ils sont très tolérants. Ils sont très tolérants, c’est-à-dire que si l’eau n’est pas exactement à la bonne température, ce n’est pas bien grave. S’ils ne mangent pas exactement comme il faut, ce n’est pas bien grave, etc. Par contre, il y en a d’autres qui sont beaucoup plus difficiles à maintenir, très exigeants et qui vivent dans des milieux très particuliers pour lesquels il faut vraiment les bonnes conditions. Et ceux-là, ils sont éventuellement plus difficiles à maintenir. C’est le cas par exemple des poissons malgaches que vous avez ici. Ils ont vraiment des besoins très particuliers et il faut faire très attention à leur nourriture et le problème c’est que parfois on connaît mal leur nourriture parce que c’est des animaux sauvages en fait, c’est des animaux dont on ne connaît pas forcément beaucoup de choses et on teste un peu des nourritures et on vérifie bien qu’ils se comportent bien etc. La recette magique elle n’est pas marquée dans les livres, souvent il y a plein de choses qu’il faut qu’on apprenne directement. Et entre aquariums, je vous disais que les gens, les aquariums travaillent entre eux, entre aquariums on s’échange des informations pour justement se dire « attention, cette espèce-là, je l’ai élevée pendant 5 ans, il faut absolument que ceci, ceci, cela ». Impossible à faire à la maison ce genre de choses, c’est pas possible. Voilà donc c’est ces animaux-là qu’on surveille en particulier.